LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.    11/12  2008

Sommaire  

 

Former les enseignants, un puissant moyen de contrôle social.

Un ministre de l'éducation bon démocrate?

A propos de la semaine de 4 jours :

Remise en cause d’un aménagement du temps scolaire fonctionnant à la satisfaction générale depuis 1996.

Un débat en cours sur la réorganisation du temps scolaire

L'école primaire de Monticello (Haute Corse)

Les enfants-élèves au cœur de l’innovation,

Sauvons les RASED !

Une initiative locale…

Devoirs du soir

Droits de l’enfant en France : « au pied du mur »

Livres, revues et informations diverses

Penser ensemble avec les enfants

Pratiques Freinet au collège et au lycée : coopérer pour apprendre

Dossier: Travail en équipe

Non-violence actualités

Chronique de Cultures Robinson

Quelques rappels…

 

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Former les enseignants, un puissant moyen de contrôle social.

Les contre-réformes qui se succèdent aggravent chaque jour la situation de notre système éducatif. L’une d’entre elles aura peut-être des conséquences plus catastrophiques encore que les autres parce qu’elle engage l’avenir sur le long terme : il s’agit des changements annoncés dans le recrutement et la formation des jeunes enseignants.

 

L’allongement de la durée de formation universitaire écartera un peu plus encore des fonctions enseignantes les jeunes issus de milieux modestes. Or, on sait que le corps enseignant sera profondément renouvelé dans les années qui viennent du fait des départs en retraite massifs des professeurs recrutés à la fin des années 60 et durant les années 70. L’écart social entre professeurs et élèves sera d’autant plus important que nombre de ceux-là seront appelés à « enseigner à des jeunes de toutes les couches sociales », comme le remarque Florence Soriano-Gafiuk, Professeure des Universités à l’IUFM de Lorraine, …et, accessoirement, élue UMP.

Elle ajoute d’ailleurs que « L’universitarisation de l’IUFM est … un processus politique et politisé ». Elle rappelle « que la formation des maîtres a toujours semblé idéologiquement suspecte, et (que) les IUFM  (sont) considérés comme des nids autour de gauchistes. » Peut-être est-ce le moment de rappeler que ce sont les mêmes considérations qui ont amené le gouvernement de Vichy à fermer les Ecoles normales d’Institutrices et d’Instituteurs dès le 23 septembre 1940.

Mais la mastérisation de la formation de tous les enseignants (de la maternelle au lycée), sous le prétexte de se mettre en conformité avec les directives européennes, a un autre objectif : celui d’accentuer encore la part du disciplinaire au détriment de la formation pédagogique. Les étudiants devraient passer deux concours de recrutement, l’un disciplinaire, en janvier, le second « pédagogique » en mai ou juin de la cinquième année (Master 2). Ils n’auront même plus droit à l’année de stage rémunérée qui suivait l’obtention du CAPES, mais seront immédiatement titularisés et donc affectés à des postes d’enseignement.

Des résistances s’organisent ici et là (voir par exemple :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/06/IUFMdeNantesenrebellion.aspx. Le café pédagogique consacre aussi une page aux maquettes des futurs concours prévus pour 2010 à la page :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/10/Concoursderecrutement2010.aspx

On appréciera tout particulièrement le caractère totalement artificiel des épreuves d’admission « qui seront en effet fondées sur des compétences didactiques ».

De quelle marge de manœuvre disposent celles et ceux qui voudraient infléchir une démarche ministérielle aussi autoritaire ? Refuser, comme le font, publiquement, certains Instituteurs ou Professeurs des Ecoles, d’appliquer les directives officielles ? Refuser d’être ravalés à l’état de simples exécutants dociles des volontés gouvernementales ? Dénoncer les manipulations qui consistent à « revaloriser » les traitements de certains enseignants pour neutraliser les velléités d’opposition des syndicats ?

Oui, sans doute, mais aussi élaborer un véritable plan de recrutement et de formation des futurs éducateurs pour redonner tout son sens à l’expression « Education nationale » - afin d’alimenter la réflexion des politiques de l’opposition que l’on n’entend guère aujourd’hui dans ce domaine, en particulier.

Et, condition sans doute préalable, sensibiliser les parents d’élèves (eux aussi peu présents aujourd’hui) et peut-être surtout convaincre les personnes, groupes et mouvements qui sont conscients du danger mortel que court l’humanité toute entière qu’aucun virage dans la marche du monde ne sera possible tant qu’une vraie politique de civilisation, au sens que donne Edgar Morin à cette expression, politique qui repose essentiellement sur une éducation humanisante pour l’ère planétaire. Que tant qu’ils ne s’empareront pas, dans un débat démocratique avec les éducateurs, des questions portant sur l’école, les détenteurs des pouvoirs (politiques et administratifs) auront beau jeu de les présenter comme purement «techniques » et « affaires de spécialistes ». Que leur engagement aux côtés des éducateurs est aussi urgent qu’indispensable pour que « le pire ne soit pas sûr ».

Georges HERVE, décembre 2008.

 

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Un ministre de l'éducation bon démocrate?

18 novembre 2008 Par Au moment où les syndicats d’enseignants du primaire comme du secondaire appellent à la grève pour ce jeudi 20 novembre, Xavier Darcos se pose en bon démocrate plutôt même qu’en bon ministre pour justifier les réformes contestées.

 " Bien sûr, certains écrivent, protestent, défilent…Mais nous savons que, petit à petit, les réformes se mettent en place […] Je ne cogère pas, voilà. Ma fonction est d’accomplir le projet sur lequel nous avons été élus. Si je ne le faisais pas, je serais pire qu’un mauvais ministre : un mauvais démocrate " ( Xavier Darcos dans "  Le Monde " du 8 novembre 2008 ).

On peut en effet soutenir que, dans une démocratie de type représentatif, le respect de la démocratie exige que l’on accomplisse autant que faire se peut le projet sur lequel on a été élu. "  Le projet sur lequel nous avons été élus " dit Xavier Darcos. C’est à dire ( puisqu’il appartient à l’UMP et qu’il a été nommé par Nicolas Sarkozy ) foncièrement le projet législatif adopté par l’UMP en 2007 ( pour la législature de 2007-2012 ) dont l’élaboration avait été suivie de près par Nicolas Sarkozy d’une part ( alors qu’il en était le président très actif ) et par Xavier Darcos d’autre part pour la partie spécifiquement consacrée aux enseignements scolaires ( consignée in extenso en annexe de ce billet : pour le consulter, cliquer sur le titre de cet article – lien hypertexte en bleu. ).

Or on peut constater ( par des comparaison dûment menées ) que n’y figurent pas la plupart des réformes entreprises ( dont certaines avec beaucoup de précipitation ) par Xavier Darcos depuis son arrivée au ministère de l’Education nationale et contestées par la plupart des syndicats enseignants : 

    • pas de réforme dite des nouveaux programmes du primaire ( le fameux ‘’retour aux fondamentaux’’ )
    • pas de suppression de la classe du samedi matin à l’Ecole primaire
    • pas de rapatriement de 3000 ‘’RASED’’ dans les classes des écoles primaires
    • pas de projets concernant l’accueil ou non des tout petits de 2-3 ans à l’école maternelle
    • pas de ‘’mastérisation ‘’ de la formation des enseignants et pas de modification de la nature des épreuves des concours pour devenir enseignants
    • pas de réforme ( modulaire ou non, semestrielle ou pas ) du lycée

Excusez du peu…Pour le reste, chacun appréciera où l’on en est dans la réalisation des 28 points qui étaient – eux – prévus ( en tenant compte, certes, que l’on n’en est qu’au premier tiers de la législature ).

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Le professeur Hubert Montagner nous écrivait, fin octobre :

A propos de la semaine de 4 jours :

Remise en cause d’un aménagement du temps scolaire fonctionnant à la satisfaction générale depuis 1996.

Le jeudi 23 octobre, j’étais  à MARSEILLE pour répondre à l’invitation d’un avocat en tant que "sachant" (c’est le terme prétentieux utilisé pour "qualifier" un expert ou supposé expert), et appuyer au tribunal administratif la requête des parents d’élèves de 17 écoles contre la ville. 

Ils demandent la poursuite de l’aménagement du temps décidé en 1996 de façon unanime par la Mairie de MARSEILLE, l’Inspection d’Académie et la Direction Régionale de la Jeunesse et Sports dans le cadre des ARS, après consultation des parents et des enseignants. C’est-à-dire, une semaine de 5 jours avec classe le mercredi matin, et deux après-midi consacrés aux "ARS", devenus "AME" (activités culturelles et sportives), en l’occurrence le mardi et le jeudi. La très grande majorité (la quasi totalité) des principaux acteurs de l’école (enfants, parents, enseignants) étaient et sont très satisfaits de cette formule, même s’il faudrait l’améliorer, qu’il s’agisse d’écoles situées en ZEP ou non.  De 1997 à 1999, Bernard WIAUX, l’un de mes post-doctorants, et moi-même avions commencé son évaluation, dans le cadre d’une comparaison avec des écoles qui pratiquaient la semaine de 4 jours et demi avec le samedi matin scolarisé. Le rapport de recherche n’a pu être remis car, contrairement à ses engagements, la mairie de MARSEILLE avait arrêté la rémunération de Bernard WIAUX au cours des six mois précédents. Dans ces conditions, Bernard WIAUX avait refusé de transmettre son rapport à la mairie. J’ai respecté sa décision (ayant consacré tout son temps à cette recherche, c’était sa seule source de revenus). Fondées sur le recueil de plusieurs groupes de données subjectives et objectives pendant deux années (1997-1999), nos données montraient que la semaine de 5 jours avec le mercredi matin scolarisé et deux après-midi libérés pour les activités physiques et culturelles, était très bénéfique pour l’ensemble des enfants, en "écoles ZEP" et en "écoles non ZEP". Je pourrais être plus précis si vous le souhaitiez.

Or, unilatéralement et sans que la question soit examinée par le conseil municipal, le maire (Monsieur GAUDIN) a décidé de passer à la semaine de 4 jours et "donc" de supprimer les activités culturelles et sportives dont les enfants bénéficiaient au cours de l’après-midi du mardi et du jeudi. Au nom de l’intérêt des enfants, le bien fondé des parents a été reconnu par le juge au cours d’une première audience. La ville de MARSEILLE a été invitée à reconsidérer sa position. Le maire ayant fait appel, la deuxième audience avait lieu le jeudi 23 octobre. Le juge doit rendre sa décision publique ces jours-ci. Nous saurons donc rapidement ce que la justice a décidé. Je vous informerai. Si le juge confirme son premier jugement, nous disposerons d’un cas intéressant de jurisprudence que tous les acteurs de l’école à MARSEILLE, y compris les enseignants, souhaitent diffuser par tous les canaux possibles pour relancer la question de l’aménagement du temps. En outre, nous réfléchissons à la saisine du Conseil d’Etat. Ce que pourraient faire aussi les différents groupements et associations qui se sont unis contre les décisions du ministre.

Un débat en cours sur la réorganisation du temps scolaire

Par ailleurs, les élus et responsables éducatifs des grandes villes de France sont en plein débat sur la question de l’aménagement du temps. Ils se sont réunis il y a quelques jours. Presque tous refusent la semaine de 4 jours et souhaitent s’engager dans une semaine de 9 demi-journées scolaires avec  un mercredi matin scolarisé, une réduction de la durée et une réorganisation de la journée, ainsi qu’un partenariat municipal plus complet à définir pour l’accueil des enfants en dehors des temps familiaux et des temps scolaires. Je vous tiendrai au courant de la suite.

L'école primaire de Monticello (Haute Corse)

Les enfants-élèves au cœur de l’innovation,

L'école primaire de MONTICELLO met la personne-enfant au centre de sa réflexion et de son fonctionnement dans le cadre d'interactions facilitées entre les différents acteurs (élèves, parents, enseignants, personnes complémentaires). Les fondements majeurs sont :

  • l'accueil apaisant, rassurant et valorisant de l'enfant et de sa famille ;
  • l'installation des enfants-élèves dans la sécurité affective, la confiance en soi et dans les autres, et l'estime de soi ;
  • l'aménagement de temps et d'espaces qui stimulent chez tous la curiosité, l'exploration et la découverte, et qui libèrent leurs capacités d'expression, d'interactions sociales, de communication, de dialogue et de coopération ;
  • l'alliance du corps et de la pensée dans toutes les dimensions de l'espace ;
  • le plaisir de jouer combiné au plaisir d'apprendre ;
  • la pédagogie qui imbrique le langage, l'accordage des interactions, les liens affectifs, la libération des compétences-socles qui sous-tendent le traitement des informations et la socialisation, la libération des processus cognitifs, l'appropriation du savoir et la créativité.

 

En pièce jointe, Hubert Montagner m’a envoyé pour information la présentation des aménagements intérieurs et extérieurs qu’il a proposés à la Mairie de MONTICELLO en Corse pour la future école primaire (école maternelle et école élémentaire). Ils donnent une idée des principes et de la "philosophie" qui sont les fondements du projet : privilégier l’accueil, l’installation de chacun dans la sécurité affective, le développement des capacités d’expression, de communication et de dialogue, la stimulation de la curiosité, de l’exploration et de la découverte, l’alliance du corps et de la pensée dans toutes les dimensions de l’espace, le plaisir de jouer ... et non pas à tout prix les situations d’apprentissage formel et explicite de la langue (même si les aménagements sont conçus pour que chaque enfant apprenne et maîtrise le langage oral, la lecture et l’écriture). Le budget prévu devrait permettre la prise en compte de la plupart des aménagements proposés, voire la totalité. La construction de l’école commencera avant la fin de l’année 2008.

Ces informations peuvent vous être transmises sur simple demande adressée à Réveil.

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Sauvons les RASED !

3000 professionnels de RASED supprimés, des milliers d'élèves en difficulté sur le carreau !

Non à la suppression pure et simple de 3000 professionnels (postes E et G) des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté ! Cette mesure va priver des dizaines de milliers d'élèves des aides spécialisées, qui ne couvriraient plus tout le territoire, et conduira à terme à la suppression des RASED.

La brutalité de cette décision vient souligner la contradiction d'une politique ministérielle qui prétend faire de la lutte contre l'échec scolaire une « priorité. » La mise en place des deux heures d' « aide personnalisée » ne peut se substituer au travail effectué dans le cadre des Réseaux d'Aides, qui ont été créés pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté.

Nous exigeons le maintien des aides spécialisées proposées par le dispositif des RASED et ses trois catégories de professionnels titulaires de diplômes spécifiques (maître E, rééducateur et psychologue de l'éducation nationale).

Nous exigeons l'abandon de la suppression des 3000 postes.

Nous demandons l'ouverture immédiate de discussions sur le devenir et le développement des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté.

Pétition à l'initiative de : voir sur http://www.sauvonslesrased.org/index.php?p=4

SNUipp FSU SGEN-CFDT SE-UNSA SUD éducation SNUDI FO SMedEN FO FNAME FNAREN AFPEN FERC-CGT

Organisations soutenant cette initiative :

AVENIR-ECOLES CRAP Cahiers pédagogiques AGSAS ICEM UDAS

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Une initiative locale…

En septembre 2008, Rolande et Raymond Millot adressaient une lettre ouverte aux enseignants de leur région sur un sujet d’actualité (depuis plus de 50 ans !), à propos des

Devoirs du soir

Nous comprenons la volonté des enseignants de réaliser le programme qui leur est fixé.

Nous savons que certains parents souhaitant, bien normalement, la réussite scolaire de leur enfant, sont persuadés que les devoirs du soir y contribuent et approuvent en ce sens le travail supplémentaire donné par sur les enseignants.

Il nous semble néanmoins nécessaire de mettre publiquement en question cette pratique des devoirs à la maison.

De nombreux parents nous disent leur embarras. Ils ne souhaitent pas contrarier les prescriptions des enseignants et ils décrivent les divers inconvénients que présente ce travail extra scolaire. Ils se plaignent de la fatigue et de la tension qu’il provoque et qui nuit aux rapports affectueux et détendus dont l’enfant a besoin, aux temps de jeu et de détente indispensables.

Les travaux des chronobiologistes comme le Docteur Vermeil ou, très récemment le professeur Hubert Montagner leur donnent raison. Ces chercheurs, précisent les moments les plus propices aux apprentissages et la durée des efforts qu’il est possible de demander utilement aux enfants en fonction de leur âge, et ils estiment que la durée de la journée scolaire est trop longue à l’école comme au collège.

A Saint-Siméon comme ailleurs, beaucoup de parents sont dans l’impossibilité d’apporter une aide à ce travail « personnel », pour des raisons d’horaires de travail, de disponibilité, ou des problèmes de langue ou de connaissances élémentaires.

Le problème a été analysé au plus haut niveau de la hiérarchie de l’institution. En 1994, un rapport de l’Inspection Générale portant sur « le travail personnel  hors la classe remarque que « à l’attrait du jeu, de la rue, des copains…et des nouvelles et puissantes sollicitations –télévision, jeux vidéo …les élèves cèdent à ces tentations au-delà du raisonnable en proportion inverse de leur adhésion à l’école et de leur réussite scolaire » et se termine avec cette question « Facteur de réussite ou d’échec, lié aux conditions familiales, ne serait-il pas une source d’inégalité devant l’école…un facteur limitant sa démocratisation » .

Dans le rapport " Les lycées et leurs études, au seuil du XXI°siècle ", l’historien Antoine Prost (sous le ministère Savary, en 1983)  formulait les recommandations suivantes :" On en arrive à la conclusion que 4 heures de cours proprement dits par jour est un maximum à ne pas dépasser. Il n’est pas exagéré de dire que le dépassement de cette limite constitue une escroquerie pratiquée par les adultes aux dépens de la majorité des élèves. Et nous insistons bien sur le fait que cette exigence doit s’appliquer à la lettre :  4 heures de cours par jour, et non pas 24 heures par semaine, réparties en journées inégales " ( p. 101 ). " Dès maintenant, il faut assouplir les horaires des enseignements pour en réduire le total, et permettre le travail personnel des élèves, au domicile et/ou au lycée " ( p. 105 ). " L’aide au travail personnel est un des moyens les plus efficaces de lutte contre l’échec scolaire ». (ce rapport est cité par un autre historien, Claude Lelièvre, sur son blog,

http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-lelievre ).

Ce qui est vrai pour le lycée, l’est plus encore pour le collège à propos duquel et pour les mêmes raisons les sociologues de l’éducation, François Dubet et Marie Duru-Bellat, écrivent en 2000, dans leur livre « L’hypocrisie scolaire , pour un collège enfin démocratique» p.105 :

« Le collège peine à réduire les inégalités « …les élèves faibles au départ appartenant aux milieux les plus démunis quitteront le collège sans qualification parce qu’ils n’ont trouvé qu’un soutien limité de leur entourage pour suivre leur travail scolaire quotidien…Le collège peine par conséquent à réduire les inégalités sociales déjà fortes parmi les élèves qu’il accueille en 6ème, pire, il ne parvient pas à empêcher qu’elles se creusent ».

Nous ajouterons, avec de très nombreux observateurs, qu’à l’école « les inégalités sociales » commencent à « se creuser » dès le CP.

Il est possible de considérer les inégalités sociales comme des fatalités. Les politiques qui conduisent périodiquement le monde au bord de l’abîme, comme aujourd’hui, s’en accommodent et même en font leur source de profit.

Il est difficile de penser que des professionnels de « l’Education Nationale », donc par définition des éducateurs, se résignent à cet état de fait et ne s’interrogent pas sur les conséquences de leurs pratiques, comme celle des devoirs, alors même que des textes officiels les y incitent ainsi :

    • la circulaire du 29-12-1956 qui évoque « le développement physiologique et intellectuel d’un enfant de moins de 11 ans » avant de conclure « En conséquence, aucun devoir écrit, soit facultatif soit obligatoire, ne sera demandé aux élèves hors de la classe…Ces devoirs…c’est pendant la classe qu’ils seront faits »
    • les circulaires du 28 janvier 1958, du 17 décembre 1964, du 28 janvier 1971 rappellent cette interdiction.
    • la circulaire du 6 septembre 1994 précise – pour rendre effectif et pour tous les élèves un « travail personnel » «  des études dirigées d’une durée quotidienne de 30 minutes sont mises en place dans chaque classe pendant le temps scolaire »

 

Lors du grand débat national présidé par Claude Thélot et initié par Luc Ferry en 2003 nous avons eu l’occasion d’aborder ce sujet avec les professeurs du collège de Saint-Siméon. Sans suite malheureusement.

Nous avions tenté de lancer un débat local en 2006, d’une manière fort modérée sur le thème : « le travail à la maison, intérêts et inconvénients ». Sans succès…mais c’était un 30 juin.

C’est aujourd’hui, en tant que parents, en tant que militants associatifs, ou simplement citoyens et citoyennes, légitimement préoccupés par une situation préjudiciable à l’ensemble des enfants et adolescents, et qui de plus « creuse les inégalités sociales », que nous interrogeons publiquement les enseignants et leur hiérarchie sur la permanence incompréhensible de cette situation, et que nous entendons ouvrir un dialogue démocratique et positif sur le sujet. Notamment pour examiner, de quelle manière les écoliers, collégiens et lycéens pourraient faire, dans le temps scolaire, un travail « personnel » recevant l’aide méthodologique et les conseils qualifiés de leurs enseignants, de quelle manière les parents qui en ont la possibilité, pourront être en mesure de suivre et comprendre le travail scolaire de leur enfant et éventuellement y contribuer. .

Nous chercherons avec les différents intéressés, parents et associations de parents, enseignants et leur hiérarchie, élus locaux, associations locales d’éducation populaire, une date, avant la fin du trimestre, pour la réalisation ce débat.

R. R. MILLOT septembre 08

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Droits de l’enfant en France : « au pied du mur »

A l’occasion du 20 novembre, journée des droits de l’enfant qui devait permettre par la loi de faire le point sur le niveau de mise en oeuvre de la Convention internationale sur les droits de l’enfant adoptée par l’ONU le 20 novembre 1989 et entrée en application en France le 6 septembre 1990, DEI-France rend public son rapport Au pied du mur" adressé au Comité des Experts de l’ONU qui doit examiner en 2009 la situation de la France.

Si le sort des enfants de France est nettement plus favorable que celui fait à de nombreux enfants dans le monde, DEI-France dresse un constat particulièrement préoccupant, partagé par diverses associations qui ont apporté, chacune dans leur domaine, leur concours à ce rapport : AFMJF, ANAFE, ATD Quart Monde, FCPE, France Terre d’Asile, ICEM Pédagogie Freinet, OCCE.

2 millions d’enfants sous le seuil européen de pauvreté, 450 000 suivis par l’aide sociale à l’enfance, 300 000 suivis par la justice, enfants en danger et enfants délinquants confondus, environ 15 000 enfants handicapés non scolarisés, nombre d’enfants et de jeunes étrangers accueillis à nos frontières dans des conditions précaires sinon refoulés sans les garanties légales, des enfants régulièrement menacés de voir leurs parents expulsés, 3 enfants suicidés cette année dans des établissements pénitentiaires ; mais aussi 100 000 enfants quittant chaque année le système scolaire sans qualification, un accès de plus en plus discriminant au dispositifs de soins, aux équipements de loisirs ou périscolaires, et surtout des orientations actuelles désastreuses pour l’Education nationale : une bonne partie de la jeunesse reste sur le pas de la porte et a un profond sentiment d’injustice, l’Ecole déserte sa mission d’apprentissage de la sociabilité et du vivre ensemble. Les points noirs ne manquent pas dans un pays qui se présente comme la patrie des droits de l’homme et l’une des principales puissances économiques mondiales.

Plus préoccupant encore, les enfants sont souvent représentés comme source de danger et les évolutions en cours tendent à gommer les spécificités du droit pénal des mineurs pour l’aligner sur celui des majeurs, comme si les enfants d’aujourd’hui, pour être différents de ceux d’hier, " n’étaient plus des enfants. Le désengagement du ministère de la justice vis à vis des enfants en danger est aussi très alarmant.

DEI-France est particulièrement inquiète de ce que la Convention des droits de l’enfant ne soit plus la référence explicite des politiques publiques. Plus que jamais DEI-France appelle les pouvoirs publics à inverser la logique de raisonnement, en cohérence avec les engagements souscrits à travers la ratification de la Convention, en admettant que la meilleure prise en compte des droits des enfants dans ce pays contribuera au final à plus de cohérence sociale et à plus de sécurité.

Dans cet esprit DEI-France avance 20 propositions concrètes dont la mise en débat à bref délai d’une loi POUR promouvoir le bien-être des enfants fondée sur un projet de notre société pour ses enfants.

Dans un contexte économique et politique où les enfants risquent d’être les principales victimes de la crise, il est grand temps de réagir. Les pouvoirs publics se doivent de prendre des engagements et de les tenir. Ainsi DEI-France s’inquiète de ce que la secrétaire d’Etat à la Famille, qui a signé à Stockholm le 10 septembre 2008 l’appel du Conseil de l’Europe à en finir avec les châtiments corporels, revienne aujourd’hui sur sa parole, négligeant que l’autorité légitime à laquelle les enfants ont droit ne doit pas permettre les violences.

Au pied du mur, si elle ne réagit pas rapidement, la France sera à nouveau sévèrement jugée par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU en juin prochain. Commémorer les droits de l’enfant ne suffit pas : il faut agir.

Le rapport "Au pied du mur" est disponible sur le site de DEI-France : www.dei-france.org

 

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Livres, revues et informations diverses

Penser ensemble avec les enfants

 

Le n°136 de la revue APPROCHES vient de paraître.

Au sommaire :

penser ensemble avec les enfants par Gérard Lurol

penser ensemble avec des enfants, pourquoi ? par Gérard Lurol et Monique Roy-Duquesne

ça va pas commencer ? si ! ça va commencer par Alix Giard

le systeme educatif génère-t-il de l'interdit de penser par Marie-José Cantin-Giri

interdit de penser / corps / impensable par Monique Roy-Duquesne

des possibilités aux interdits, des interdits aux possibilités de penser ensemble avec… par Gérard Lurol

l'école produit-elle de la souffrance et de la fragilité chez les bons élèves ? par Marie-José Cantin-Giri

professeurs en difficulté : l’institution scolaire dans l’impasse par Éric Marais

comment penser (ou panser) ensemble une conduite a risque à l’école… par Christine Khan

prendre le temps de se parler pour penser ensemble au lycée professionnel par Brigitte Emery

ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés par Alix Giard

penser ensemble a l’école : une question de vie ou de mort par Gérard Lurol

synthèse de nos propositions par Gérard Lurol et Monique Roy-Duquesne

allez, martin, au travail !

le doudou d’Henri, au panier !

tu n’as pas écrit ton prénom, Lola ! par Marie Mignot

c o n t r e p o i n t

civilisation et barbarie par Georges Hervé

 

Un court résumé de chaque article peut être consulté sur le site de la revue à la page http://www.approches.net:81/resultat_numero.php?archivenumero=136#

Pratiques Freinet au collège et au lycée : coopérer pour apprendre

Un ouvrage récent paru aux éditions de l’ICEM est signalé dans la lettre d’information de l’ICEM du mois de novembre. Il est présenté sur le site de l’ICEM à la page :

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/travail-cooperatif/travail-pedagogique/

ed-icem/liste-numeros/nb059-pratiques-freinet-au-college-et-au-lycee-cooperer-pour-apprendre/

Dossier: Travail en équipe

Sur le site de Jacques Nimier, http://www.PedagoPsy.eu

Au sommaire ;

  - "Approche clinique du travail en équipe pédagogique"

Extraits de la thèse de Brigitte Charrier sous la direction du Professeur Blanchard-Laville

  - Le travail en équipe de Claire Héber-Suffrin

 - Médiateurs, toujours à plusieurs par Brigitte Liatard

 - Le travail d'équipe associé à des interventions individualisées favorise l'engagement des élèves par Céline Gravel chercheuse au Québec.

 Des livres coup de cœur pour les cadeaux de fin d'année

Jacques Nimier est à la recherche de textes sur LE SILENCE :

silence de l'élève, de la classe, du formateur face au groupe;

Le bruit dans la classe, le bruit "intérieur" à soi , le bruit extérieur du monde.

Si un aspect vous parle, je serais heureux de recevoir ce texte pour fin décembre. Merci.

Contact : jacques.nimier@orange.fr

Non-violence actualités

La collection "Pratiques de non-violence" s’est enrichie de deux nouveaux titres :

  • Comportements agressifs : comment faire face ?
  • Les ados : les comprendre et les accompagner


Retrouvez l’ensemble de la collection PRATIQUES DE NON-VIOLENCE et toutes les publications de NON-VIOLENCE ACTUALITE sur www.nonviolence-actualite.org


Pour tous renseignements, demande de service de presse, conditions de diffusion… : nonviolence.actualite@wanadoo.fr

Chronique de Cultures Robinson

C'est 1000 et 1000 fois qu'il faut inviter, être là, s'exprimer...

C'est sans doute un point commun, entre l'éducation (celle qui émancipe et libère en tout cas) et le jardinage, que cette nécessité de la quantité; il ne s'agit pas de répéter le même, et encore moins de faire des exercices; il s'agit de faire "pour de vrai", mais de faire beaucoup.

 De même que l'enfant dans la classe ne peut véritablement apprendre à lire et écrire qu'en écrivant et lisant beaucoup de textes, fréquents, libres, naturels... Et bien , en Pédagogie Sociale, nous tentons de faire la même chose.

Ce dont il s'agit, c'est de VIVRE PLUS, être plus ( "Ser mas") comme le proposait Paulo Freire; il faut vivre sa vie et un peu celle de nos pairs, compagnons, voisins proches et différents à la fois!

"Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure (...) " - Christian BOBIN: "La folle allure".

Et c'est pour cela que les ateliers de rue se multiplient à Longjumeau.

 C'est aussi la raison pour laquelle nos activités se multiplient et fleurissent en hiver,... même en cassant la glace!

C'est aussi la raison pour laquelle nous cherchons à faire venir amis, stagiaires, visiteurs, partenaires, chercheurs et à associer tout ce monde dans une dynamique créative. C'est aussi la raison pour laquelle nous allons toujours à la rencontre de nouveaux adultes, nouvelles familles : Chadia va effectuer des visites et rencontres dans les CCAS, un atelier "confitures" où sont aussi invités des partenaires se monte, etc...

Pour suivre le travail formidable qui se fait à Longjumeau, rendes-vous sur : 

http://assoc.intermedes.free.fr/Chron_Rob_08_09/Chroniques.htm

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Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES(†), Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Son Président d’Honneur est le Docteur Guy VERMEIL(†).

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2008) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. adressé à REVEIL, Centre culturel, 63500 PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2007.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@aliceadsl.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

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Contact : assoreveil@aliceadsl.fr

Georges HERVE, adresse postale : 4 rue du Château 63500 PERRIER