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LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 11/12 2008 Sommaire
Non à la suppression pure et simple de 3000 professionnels (postes E et G) des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté ! Cette mesure va priver des dizaines de milliers d'élèves des aides spécialisées, qui ne couvriraient plus tout le territoire, et conduira à terme à la suppression des RASED. La brutalité de cette décision vient souligner la contradiction d'une politique ministérielle qui prétend faire de la lutte contre l'échec scolaire une « priorité. » La mise en place des deux heures d' « aide personnalisée » ne peut se substituer au travail effectué dans le cadre des Réseaux d'Aides, qui ont été créés pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté. Nous exigeons le maintien des aides spécialisées proposées par le dispositif des RASED et ses trois catégories de professionnels titulaires de diplômes spécifiques (maître E, rééducateur et psychologue de l'éducation nationale). Nous exigeons l'abandon de la suppression des 3000 postes. Nous demandons l'ouverture immédiate de discussions sur le devenir et le développement des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté. Pétition à l'initiative de : voir sur http://www.sauvonslesrased.org/index.php?p=4 SNUipp FSU SGEN-CFDT SE-UNSA SUD éducation SNUDI FO SMedEN FO FNAME FNAREN AFPEN FERC-CGT Organisations soutenant cette initiative : AVENIR-ECOLES CRAP Cahiers pédagogiques AGSAS ICEM UDAS
En septembre 2008, Rolande et Raymond Millot adressaient une lettre ouverte aux enseignants de leur région sur un sujet d’actualité (depuis plus de 50 ans !), à propos des Nous comprenons la volonté des enseignants de réaliser le programme qui leur est fixé. Nous savons que certains parents souhaitant, bien normalement, la réussite scolaire de leur enfant, sont persuadés que les devoirs du soir y contribuent et approuvent en ce sens le travail supplémentaire donné par sur les enseignants. Il nous semble néanmoins nécessaire de mettre publiquement en question cette pratique des devoirs à la maison. De nombreux parents nous disent leur embarras. Ils ne souhaitent pas contrarier les prescriptions des enseignants et ils décrivent les divers inconvénients que présente ce travail extra scolaire. Ils se plaignent de la fatigue et de la tension qu’il provoque et qui nuit aux rapports affectueux et détendus dont l’enfant a besoin, aux temps de jeu et de détente indispensables. Les travaux des chronobiologistes comme le Docteur Vermeil ou, très récemment le professeur Hubert Montagner leur donnent raison. Ces chercheurs, précisent les moments les plus propices aux apprentissages et la durée des efforts qu’il est possible de demander utilement aux enfants en fonction de leur âge, et ils estiment que la durée de la journée scolaire est trop longue à l’école comme au collège. A Saint-Siméon comme ailleurs, beaucoup de parents sont dans l’impossibilité d’apporter une aide à ce travail « personnel », pour des raisons d’horaires de travail, de disponibilité, ou des problèmes de langue ou de connaissances élémentaires. Le problème a été analysé au plus haut niveau de la hiérarchie de l’institution. En 1994, un rapport de l’Inspection Générale portant sur « le travail personnel hors la classe remarque que « à l’attrait du jeu, de la rue, des copains…et des nouvelles et puissantes sollicitations –télévision, jeux vidéo …les élèves cèdent à ces tentations au-delà du raisonnable en proportion inverse de leur adhésion à l’école et de leur réussite scolaire » et se termine avec cette question « Facteur de réussite ou d’échec, lié aux conditions familiales, ne serait-il pas une source d’inégalité devant l’école…un facteur limitant sa démocratisation » . Dans le rapport " Les lycées et leurs études, au seuil du XXI°siècle ", l’historien Antoine Prost (sous le ministère Savary, en 1983) formulait les recommandations suivantes :" On en arrive à la conclusion que 4 heures de cours proprement dits par jour est un maximum à ne pas dépasser. Il n’est pas exagéré de dire que le dépassement de cette limite constitue une escroquerie pratiquée par les adultes aux dépens de la majorité des élèves. Et nous insistons bien sur le fait que cette exigence doit s’appliquer à la lettre : 4 heures de cours par jour, et non pas 24 heures par semaine, réparties en journées inégales " ( p. 101 ). " Dès maintenant, il faut assouplir les horaires des enseignements pour en réduire le total, et permettre le travail personnel des élèves, au domicile et/ou au lycée " ( p. 105 ). " L’aide au travail personnel est un des moyens les plus efficaces de lutte contre l’échec scolaire ». (ce rapport est cité par un autre historien, Claude Lelièvre, sur son blog, http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-lelievre ). Ce qui est vrai pour le lycée, l’est plus encore pour le collège à propos duquel et pour les mêmes raisons les sociologues de l’éducation, François Dubet et Marie Duru-Bellat, écrivent en 2000, dans leur livre « L’hypocrisie scolaire , pour un collège enfin démocratique» p.105 : « Le collège peine à réduire les inégalités « …les élèves faibles au départ appartenant aux milieux les plus démunis quitteront le collège sans qualification parce qu’ils n’ont trouvé qu’un soutien limité de leur entourage pour suivre leur travail scolaire quotidien…Le collège peine par conséquent à réduire les inégalités sociales déjà fortes parmi les élèves qu’il accueille en 6ème, pire, il ne parvient pas à empêcher qu’elles se creusent ». Nous ajouterons, avec de très nombreux observateurs, qu’à l’école « les inégalités sociales » commencent à « se creuser » dès le CP. Il est possible de considérer les inégalités sociales comme des fatalités. Les politiques qui conduisent périodiquement le monde au bord de l’abîme, comme aujourd’hui, s’en accommodent et même en font leur source de profit. Il est difficile de penser que des professionnels de « l’Education Nationale », donc par définition des éducateurs, se résignent à cet état de fait et ne s’interrogent pas sur les conséquences de leurs pratiques, comme celle des devoirs, alors même que des textes officiels les y incitent ainsi :
Lors du grand débat national présidé par Claude Thélot et initié par Luc Ferry en 2003 nous avons eu l’occasion d’aborder ce sujet avec les professeurs du collège de Saint-Siméon. Sans suite malheureusement. Nous avions tenté de lancer un débat local en 2006, d’une manière fort modérée sur le thème : « le travail à la maison, intérêts et inconvénients ». Sans succès…mais c’était un 30 juin. C’est aujourd’hui, en tant que parents, en tant que militants associatifs, ou simplement citoyens et citoyennes, légitimement préoccupés par une situation préjudiciable à l’ensemble des enfants et adolescents, et qui de plus « creuse les inégalités sociales », que nous interrogeons publiquement les enseignants et leur hiérarchie sur la permanence incompréhensible de cette situation, et que nous entendons ouvrir un dialogue démocratique et positif sur le sujet. Notamment pour examiner, de quelle manière les écoliers, collégiens et lycéens pourraient faire, dans le temps scolaire, un travail « personnel » recevant l’aide méthodologique et les conseils qualifiés de leurs enseignants, de quelle manière les parents qui en ont la possibilité, pourront être en mesure de suivre et comprendre le travail scolaire de leur enfant et éventuellement y contribuer. . Nous chercherons avec les différents intéressés, parents et associations de parents, enseignants et leur hiérarchie, élus locaux, associations locales d’éducation populaire, une date, avant la fin du trimestre, pour la réalisation ce débat. R. R. MILLOT septembre 08 *** Droits de l’enfant en France : « au pied du mur » A l’occasion du 20 novembre, journée des droits de l’enfant qui devait permettre par la loi de faire le point sur le niveau de mise en oeuvre de la Convention internationale sur les droits de l’enfant adoptée par l’ONU le 20 novembre 1989 et entrée en application en France le 6 septembre 1990, DEI-France rend public son rapport Au pied du mur" adressé au Comité des Experts de l’ONU qui doit examiner en 2009 la situation de la France. Si le sort des enfants de France est nettement plus favorable que celui fait à de nombreux enfants dans le monde, DEI-France dresse un constat particulièrement préoccupant, partagé par diverses associations qui ont apporté, chacune dans leur domaine, leur concours à ce rapport : AFMJF, ANAFE, ATD Quart Monde, FCPE, France Terre d’Asile, ICEM Pédagogie Freinet, OCCE. 2 millions d’enfants sous le seuil européen de pauvreté, 450 000 suivis par l’aide sociale à l’enfance, 300 000 suivis par la justice, enfants en danger et enfants délinquants confondus, environ 15 000 enfants handicapés non scolarisés, nombre d’enfants et de jeunes étrangers accueillis à nos frontières dans des conditions précaires sinon refoulés sans les garanties légales, des enfants régulièrement menacés de voir leurs parents expulsés, 3 enfants suicidés cette année dans des établissements pénitentiaires ; mais aussi 100 000 enfants quittant chaque année le système scolaire sans qualification, un accès de plus en plus discriminant au dispositifs de soins, aux équipements de loisirs ou périscolaires, et surtout des orientations actuelles désastreuses pour l’Education nationale : une bonne partie de la jeunesse reste sur le pas de la porte et a un profond sentiment d’injustice, l’Ecole déserte sa mission d’apprentissage de la sociabilité et du vivre ensemble. Les points noirs ne manquent pas dans un pays qui se présente comme la patrie des droits de l’homme et l’une des principales puissances économiques mondiales. Plus préoccupant encore, les enfants sont souvent représentés comme source de danger et les évolutions en cours tendent à gommer les spécificités du droit pénal des mineurs pour l’aligner sur celui des majeurs, comme si les enfants d’aujourd’hui, pour être différents de ceux d’hier, " n’étaient plus des enfants. Le désengagement du ministère de la justice vis à vis des enfants en danger est aussi très alarmant. DEI-France est particulièrement inquiète de ce que la Convention des droits de l’enfant ne soit plus la référence explicite des politiques publiques. Plus que jamais DEI-France appelle les pouvoirs publics à inverser la logique de raisonnement, en cohérence avec les engagements souscrits à travers la ratification de la Convention, en admettant que la meilleure prise en compte des droits des enfants dans ce pays contribuera au final à plus de cohérence sociale et à plus de sécurité. Dans cet esprit DEI-France avance 20 propositions concrètes dont la mise en débat à bref délai d’une loi POUR promouvoir le bien-être des enfants fondée sur un projet de notre société pour ses enfants. Dans un contexte économique et politique où les enfants risquent d’être les principales victimes de la crise, il est grand temps de réagir. Les pouvoirs publics se doivent de prendre des engagements et de les tenir. Ainsi DEI-France s’inquiète de ce que la secrétaire d’Etat à la Famille, qui a signé à Stockholm le 10 septembre 2008 l’appel du Conseil de l’Europe à en finir avec les châtiments corporels, revienne aujourd’hui sur sa parole, négligeant que l’autorité légitime à laquelle les enfants ont droit ne doit pas permettre les violences. Au pied du mur, si elle ne réagit pas rapidement, la France sera à nouveau sévèrement jugée par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU en juin prochain. Commémorer les droits de l’enfant ne suffit pas : il faut agir. Le rapport "Au pied du mur" est disponible sur le site de DEI-France : www.dei-france.org
*** Livres, revues et informations diverses Penser ensemble avec les enfants
Le n°136 de la revue APPROCHES vient de paraître. Au sommaire : penser ensemble avec les enfants par Gérard Lurol penser ensemble avec des enfants, pourquoi ? par Gérard Lurol et Monique Roy-Duquesne ça va pas commencer ? si ! ça va commencer par Alix Giard le systeme educatif génère-t-il de l'interdit de penser par Marie-José Cantin-Giri interdit de penser / corps / impensable par Monique Roy-Duquesne des possibilités aux interdits, des interdits aux possibilités de penser ensemble avec… par Gérard Lurol l'école produit-elle de la souffrance et de la fragilité chez les bons élèves ? par Marie-José Cantin-Giri professeurs en difficulté : l’institution scolaire dans l’impasse par Éric Marais comment penser (ou panser) ensemble une conduite a risque à l’école… par Christine Khan prendre le temps de se parler pour penser ensemble au lycée professionnel par Brigitte Emery ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés par Alix Giard penser ensemble a l’école : une question de vie ou de mort par Gérard Lurol synthèse de nos propositions par Gérard Lurol et Monique Roy-Duquesne allez, martin, au travail ! le doudou d’Henri, au panier ! tu n’as pas écrit ton prénom, Lola ! par Marie Mignot c o n t r e p o i n t civilisation et barbarie par Georges Hervé
Un court résumé de chaque article peut être consulté sur le site de la revue à la page http://www.approches.net:81/resultat_numero.php?archivenumero=136# Pratiques Freinet au collège et au lycée : coopérer pour apprendre Un ouvrage récent paru aux éditions de l’ICEM est signalé dans la lettre d’information de l’ICEM du mois de novembre. Il est présenté sur le site de l’ICEM à la page : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/travail-cooperatif/travail-pedagogique/ ed-icem/liste-numeros/nb059-pratiques-freinet-au-college-et-au-lycee-cooperer-pour-apprendre/ Sur le site de Jacques Nimier, http://www.PedagoPsy.eu Au sommaire ; - "Approche clinique du travail en équipe pédagogique" Extraits de la thèse de Brigitte Charrier sous la direction du Professeur Blanchard-Laville - Le travail en équipe de Claire Héber-Suffrin - Médiateurs, toujours à plusieurs par Brigitte Liatard - Le travail d'équipe associé à des interventions individualisées favorise l'engagement des élèves par Céline Gravel chercheuse au Québec. Des livres coup de cœur pour les cadeaux de fin d'année Jacques Nimier est à la recherche de textes sur LE SILENCE : silence de l'élève, de la classe, du formateur face au groupe; Le bruit dans la classe, le bruit "intérieur" à soi , le bruit extérieur du monde. Si un aspect vous parle, je serais heureux de recevoir ce texte pour fin décembre. Merci. Contact : jacques.nimier@orange.fr La collection "Pratiques de non-violence" s’est enrichie de deux nouveaux titres :
Chronique de Cultures Robinson C'est 1000 et 1000 fois qu'il faut inviter, être là, s'exprimer... C'est sans doute un point commun, entre l'éducation (celle qui émancipe et libère en tout cas) et le jardinage, que cette nécessité de la quantité; il ne s'agit pas de répéter le même, et encore moins de faire des exercices; il s'agit de faire "pour de vrai", mais de faire beaucoup. De même que l'enfant dans la classe ne peut véritablement apprendre à lire et écrire qu'en écrivant et lisant beaucoup de textes, fréquents, libres, naturels... Et bien , en Pédagogie Sociale, nous tentons de faire la même chose. Ce dont il s'agit, c'est de VIVRE PLUS, être plus ( "Ser mas") comme le proposait Paulo Freire; il faut vivre sa vie et un peu celle de nos pairs, compagnons, voisins proches et différents à la fois! "Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure (...) " - Christian BOBIN: "La folle allure". Et c'est pour cela que les ateliers de rue se multiplient à Longjumeau. C'est aussi la raison pour laquelle nos activités se multiplient et fleurissent en hiver,... même en cassant la glace! C'est aussi la raison pour laquelle nous cherchons à faire venir amis, stagiaires, visiteurs, partenaires, chercheurs et à associer tout ce monde dans une dynamique créative. C'est aussi la raison pour laquelle nous allons toujours à la rencontre de nouveaux adultes, nouvelles familles : Chadia va effectuer des visites et rencontres dans les CCAS, un atelier "confitures" où sont aussi invités des partenaires se monte, etc... Pour suivre le travail formidable qui se fait à Longjumeau, rendes-vous sur : http://assoc.intermedes.free.fr/Chron_Rob_08_09/Chroniques.htm *** à cotisation (non obligatoire) et autres !!! Si vous voulez soutenir notre action. R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES(†), Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Son Président d’Honneur est le Docteur Guy VERMEIL(†). La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner. Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2008) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. adressé à REVEIL, Centre culturel, 63500 PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2007.
La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@aliceadsl.frSi vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.
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