de la rencontre
«INITIATIVES ET PERSPECTIVES EN
EDUCATION »
(Juillet 2003, Bordeaux)
Un exposé liminaire nourri de
statistiques a décrit le mécanisme de sélection et de soutien des innovations par le
Ministère. Un laboratoire de recherche travaille sur les pratiques innovantes
et les moteurs de l’innovation. Il a aussi été foumi les résultats d’une
enquête sur la représentation que s’en font élèves et enseignants.
I)- Initiatives.
Le sujet le plus traité a été
l’entente, le « savoir vivre ensemble », la prévention des conflits.
Une vidéo a révélé comment, dès
1e niveau de la Maternelle, !es tendances vio!entes peuvent se faire jour, et
comment les contrer.
Au niveau du Primaire a été
exposée la médiation par les pairs en début de conflit, qui existe depuis
plusieurs années. L’association « Génération Médiateurs » forme de jeunes
volontaires pour ce role. La Décennie pour la Paix des Nations Unies
(2001-2010) a une commission « éducation à la non-violence », qui oeuvre pour
que ce soit inclus dans les emplois du temps. Le responsable de cette
commission était présent. Il s’agit surtout des conflits interpersonnels, mais
on a aussi souligné l’importance que peut revêtir l’action de la population
civile dans la prévention de conflits plus vastes. Le petit livre de Bruno
Mattéi à l’usage des élèves du Primaire « La fraternité, est-ce possible ? »
face positive de ce qui précède, a été présenté par son auteur.
Dans cet esprit positif, une
méthode d’analyse très détaillée des acquis et des conduites, créée par un
instituteur pour baliser les progrès, permet aux enfants une prise de
conscience régulière. Ceci a été présenté par l’Association pcur un éveil à la
Respansabilité à l’Ecole (AéRé) créée il y a vingt ans également pour le
primaire.
Au collège, la détente
nécessaire entre les exercices de l’esprit passe parfois par des gestes
calmants issus du yoga, ce qui a été démontré physiquement dans un atelier.
Cette méthode dont Micheline Flak, professeur d’anglais, a ét l’initiatrice il
y a trente ans, est poursuivie par l’association RYE.
A l’intention spéciale des
adolescents difficiles, des sorties nommées « Art-thérapie » sont pratiquées en
banlieue parisienne. Des visites à des artistes ou des artisans, ou
l’exploration de certains quartiers de manière archéologique, les intéressent,
leur témoignent de la confiance et produisent un bon pourcentage d’amélioration
des comportements.
A
un point de vue différent, celui du cognitif, des méthodes d’attention et de
mémorisation issues de La Garanderie sont utilisées avec succès en sixième et
cinquième par une participante, qui les a aussi testées sur l’assistance.
Dans une optique de plus en
plus large, on a abordé des ouvertures souhaitables pour notre système
éducatif. Les unes ont traité de l’univers matériel : « l’éducation à
l’environnement » (un petit jardin en miniature avait été apporté ; il sert à
faire observer par les enfants les développements naturels). D’autres de notre
monde intérieur : émotions, pulsions, le rôle du corps, la connaissance de
soi... ne sont pas ou peu enseignés. La « psychique » devrait avoir autant de
place que la physique. Ecoute et observation sont la voie royale pour
comprendre les autres et elles devraient être développées systématiquement. Car
de la « transformation personnelle » naîtra la « transformation sociale »,
conviction du groupe « Interactions » représenté au colloque. Un exposé complet
et suggestif sur le réseau d’ « échanges réciproque de savoirs », accompagné
d’une expérience sur place, a persuadé chacun que nous possédons des
connaissances ignorées ou non prises en compte. Et accéder à la situation de
donneur, même minime conforte l’estime de soi.
L’exemple d’un foyer
socio-éducatif en milieu rural, présenté en détail sur les panneaux
d’exposition, a montré qu’on pouvait construire une éducation permanente pour
tous par la mise en synergie de l’école et de l’éducation populaire. Cette
dernière apporte des compléments aux enseignements fondamentaux de l’école et
favorise des aptitudes telles que adaptabilité, curiosité, esprit critique,
coopération... Elle devrait retrouver une importance qu’elle n’a plus
aujourd’hui en servant des besoins nouveaux tel que la maîtrise de
l’information.
II)- Les perspectives
Elles ont occupé une large part
des discussions et ont fait aussi l’objet de certaines propositions qui seront
reprises ultérieurement, car elles sont très intéressantes.
En premier lieu,
l’actualisation des « missions de l’école » face à de considérables changements
sociétaux, a été envisagée durant une matinée. Au-delà du passage en revue des
alternatives qui s’offrent : transmettre des savoirs ? assurer
l’épanouissement des élèves ? répondre aux besoins de la société ? assurer la
promotion sociale individuelle ? l’unanimité s’est faite sur la nécessité d’en
débattre, et mieux encore, celle d’interroger la société sur le type (ou les
types) d’école qu’elle désire pour ses enfants. Le but est en tout cas de
former des êtres humains.
Un tour d’horizon des « pédagogies nouvelles » - en général anciennes d’ailleurs : Montessori, Freinet, Cousinet (ANEN), Steiner, Freire, Korczack, Krishnamurti- et des collèges innovants a prolongé ce thème. Pour cela les besoins fondamentaux des jeunes doivent être décelés et servis, comme les a identifiés une intervenante et son cercle d’études. La rencontre a approuvé chaleureusement ces démarches.
Bordeaux, septembre 2003
Sylvaine Marandon
Professeur honoraire à l’Université
Michel de Montaigne - Bordeaux III