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Après
les Premières Rencontres
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Compte-Rendu des Rencontres |
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Les
rencontres de Lille ont rassemblé, samedi 7 et dimanche 8 février, près de
500 participants (480 ont payé leur participation), venus pour moitié du
Nord-Pas de Calais, pour moitié des autres régions. Les participants étaient
très majoritairement des acteurs de terrain : plus de 350 étaient porteurs
d'une expérience ou animateurs de réseau, et appartenaient à 190 organismes
locaux.
Cette
richesse d'expériences a donné un tour très particulier aux échanges en
ateliers : échanges de pratiques et réflexion à partir de l'expérience vécue.
Une grande convivialité aussi. Un sentiment de force collective et de sens
retrouvé : enfin on n'est pas seul à se battre pour une société plus
humaine. Une dynamique est née. Nous devons maintenant lui faire porter ses
fruits.
Les rencontres ont été pour beaucoup de ceux qui y ont participé un grand moment. Nous avons reçu de nombreux témoignages de participants :
"Les
gens de mon atelier ont beaucoup apprécié ces 5 heures d'échanges,
l'ouverture sur beaucoup de sujets, les réflexions contradictoire, la
diversité des expériences"
"La
méthode de préparation était bonne, avec le fait de s'écrire avant. Le mélange
entre des gens très différents, le fait de se retrouver à plusieurs
reprises ont été très intéressants. Au fil du temps le maillage marchait
de mieux en mieux"
"Ces
deux jours m'ont permis de renouer le lien entre vie professionnelle, vie
militante et vie personnelle"
"Tous
les trois, nous avons beaucoup apprécié ces deux jours extraordinairement
bien remplis. C'était l'instant précieux où émerge de nulle part, et de
toutes parts, une sorte d'intelligence collective, consciente de ses
faiblesses mais aussi de sa force potentielle, et de ses responsabilités".
Comment
les rencontres ont répondu à la question posée : comment préparer les
citoyens de demain aux enjeux qui nous attendent ? Comment permettre à chacun
d'être acteur de sa propre vie et citoyen d'un monde solidaire ?
L’essentiel des rencontres s'est déroulé sous forme d’ateliers. Chaque atelier a rassemblé de 8 à 32 personnes (moins de 20 en moyenne), autour d'une des dimensions ou démarches de l’éducation citoyenne. Une grande diversité d'approches qui ont montré que l'éducation des citoyens dépend de multiples facteurs et pas seulement de l'école ni de l'éducation populaire. Chacun en définitive est responsable de l'éducation de ceux qu'il côtoie.
Le
déroulement a été guidé par une idée simple. Nous devons savoir vers
quelle direction nous allons et attacher
certaines balises sur notre chemin, ce qu'on peut
résumer par «quels enjeux, valeurs, principes ?».
Ensuite
nous devons préciser comment aller dans cette direction, et avec qui, ce
qu'on peut résumer par "comment faire", sachant que la méthode
contient la fin.
Enfin
quand nous savons un peu pourquoi et comment, nous avons besoin de savoir
comment agir, à la fois par soi-même et au niveau des politiques locales,
nationales, mondiales, ce qu'on peut résumer par la vieille question :
"que faire ?"
Les
rencontres ont respecté ce schéma. Les ateliers se sont réunis à
trois reprises pour aborder successivement les questions des enjeux et des
valeurs, des démarches et de la participation, des lieux et des actions nécessaires.
Les 3 moments de plénière ont été
aussi centrés sur ces questions
Les
débats sont souvent sortis du cadre fixé au départ pour aborder des
questions fondamentales : comment résister et construire ? quelles sont les
attitudes éducatives nécessaires à une éducation réellement émancipatrice
? Sur quels fondements repose l'action collective ? Comment l'action éducative
concerne l'ensemble de la population ? Quels rapports établir entre les
associations, le mouvement social, les forces politiques et les institutions ?
Des
interventions remarquables de plusieurs participants et des témoins (Patrick
Viveret, Claire Heber Suffrin et Gus Massiah), ont apporté un éclairage sur
ces questions, mais nous avons encore beaucoup de travail. Des pistes sont
ouvertes qui donnent envie de continuer.
Au
dire des participants;, trop peu nombreux et mangés par les déplacements.
Mais bien vivants quand même.
Un temps avait été réservé le samedi soir à la présentation, par tous ceux qui le voulaient, de leur action ou de leur réflexion. Trois vidéos, trois livres, des expériences ont été présentées. A noter, Bertrand Schwartz a animé en particulier un temps de débat le samedi soir où il a présenté le bilan qu'il tire de 40 ans d'action éducative. Un grand moment pour les 40 personnes qui ont participé à un débat sur l'évolution de l'éducation permanente aux emplois jeunes et à la médiation sociale. L’enregistrement de son intervention sera prochainement disponible sur le site de RECIT.
22 organisations ont présenté leur action sous forme de stands ou de panneaux d'exposition (pédagogie Freinet, centre régional de documentation tiers monde, parole d'habitants, Center for Innovation in Volontary Action, Yoranoo, etc…). Ces stands ont beaucoup plu aux participants. Ils ont favorisé les rencontres informelles et permis de rendre encore plus réelle la multiplicité des actions menées par tous.
Enfin,
pas de rencontre sans la fête et la danse. La ville nous avait prêté la
salle Courmont, dans le quartier Moulins de Lille, quartier de tradition ouvrière
et carnavalesque. La salle est une ancienne usine, haute et longue comme une
cathédrale laïque. Nous avons été accueillis par Mme ROUGERIE-GIRARDIN, présidente
du conseil de quartier du Moulin. Remarquable repas tunisien par une
entreprise d'insertion de Roubaix, les délices du Maghreb, puis salsa-musique
métisse, avec le
"GRUPO MANGO"
Le caractère novateur de ces rencontres doit être capitalisé afin de pouvoir améliorer et transposer. Il faudra prendre le temps d'analyser les forces et faiblesses pour en tirer des enseignements sur les méthodes de préparation et d'animation. Les plénières ont été riches d'interventions remarquables, mais l'articulation entre le rôle des témoins et le débat mérite d'être discutée. Les fiches de bilan (que certains ont rempli) sont très riches et seront analysées dans les prochains jours.
L'organisation doit aussi être discutée Un des manques principaux : l'éloignement a empêché la participation de nombreux participants du sud de la France pourtant très motivés. l'éclatement sur deux lieux est une source considérable de perte de temps et de dispersion.
A l'issue de ces rencontres, nous disposons d'une masse considérable de réflexions. Comme pour la préparation, plusieurs dizaines de personnes sont mobilisées pour rendre compte des travaux à travers plusieurs types de restitutions :
Des fascicules par thème Chaque atelier a été invité à faire une synthèse du travail collectif avec des extraits de exemples fournis. Nous espérons produire une quinzaine de brochures, de 10 à 30 pages, dans les 3 mois (vendues entre 3 et 5 euros selon la taille. En complément, certains ateliers devraient réaliser un diaporama, pour une diffusion par mail
Une vidéo des débats. Les débats en séance plénière ayant été pris en vidéo, un montage des principales interventions est envisagé.
Présentation des expériences Les participants ont été, et sont toujours, invités à fournir une présentation ou un récit de leur expérience en 1 ou 2 pages (parfois 10 lignes). Une soixantaine sont déjà rassemblées. Toutes ces présentations ont vocation à se retrouver sur le site de RECIT pour pouvoir être mutualisées.
Un peu plus tard, un ouvrage de synthèse pourrait reprendre les principales questions en soulignant les convergences et les divergences, et en ouvrant sur ce qui reste à approfondir.
La
question n'a pu être traitée sur place faute de temps pour reprendre les
nombreuses propositions formulées. Chacun recevra une synthèse de ces
propositions et sera invité à réagir par mail ou à participer à une réunion
pour ceux qui le peuvent
Cette réunion, pour discuter de la suite, aura lieu le mardi 30 mars,
à Paris de
18h à 21h.
Cette
réunion s'appuiera t sur les orientations retenues en décembre dernier lors
de la dernière assemblée générale de RECIT :
-
suite aux ateliers, poursuivre des réflexions par thème et consolider le réseau
- développer les échanges d’expériences et leur mise en réseau pour mutualiser des méthodes et les outils
- constituer des collectifs régionaux et préparer des rencontres, régionales, locales
- faire connaître l’éducation émancipatrice (au sein du mouvement social et dans l'opinion)
- préparer des deuxièmes Rencontres nationales en 2005
- faire vivre le site pour mutualiser et répondre aux besoins
Constitution d'un collectif Nord-Pas de Calais
Michel Joncquel a proposé de se réunir pour constituer un collectif Nord-Pas de Calais afin de mutualiser les expériences et les réflexions sur une base régionale, en articulation avec les manifestations prévues en 2004 et 2005 dans la région.
Cette
réunion est prévue à Lille (le lieu exact sera précisé plus tard)
vendredi 12 mars en soirée ou samedi 13 mars.
Présentation
d'une expérience et d'un ouvrage
Le
Comité de Promotion,
d'Action
de Prévention
(CPAP)
Dans
chaque RECIT au quotidien nous présentons une action ou une réflexion afin
de mutualiser les savoirs et les expériences. Catherine Lehoux Fleury avait
vivement souhaité participé aux rencontres mais n'a pas pu la faire. Nous
lui avons donc donné la parole
Le CPAP a été créé dans le cadre de la parution de l'ouvrage/témoignage de Catherine Lehoux-Fleury : "Sans père, ni repères" aux éditions Bouchéne. Ce nouvel auteur est aussi une ancienne travailleuse sociale et décide de donner la parole et la plume à ceux qui n'ont pas l'habitude ou ont peur de la prendre.
L'ouvrage traite du passé de l'auteur qui témoigne des violences conjugales, parentales et de la délinquance. Il ne s'agit pas de faire partager des souffrances mais de se nourrir d'espérance. Le CPAP est constitué de travailleurs sociaux, éducateurs, formateurs, professeurs de français et d'associations œuvrant dans le domaine de l'éducation citoyenne.
"Nous intervenons bénévolement auprès des institutions éducatives, des femmes, des adolescents et des jeunes adultes, sous forme de débats collectifs. Ces interventions s'inscrivent sur la ligne de la prévention de la délinquance et de la violence."
Le CPAP aide des jeunes en situation sociale et familiale difficile à mettre des mots sur leurs maux en leur donnant la possibilité d'écrire et de se faire publier.
Des ateliers d'écritures Internet : "Mots à Maux" ont été créés en décembre 2003 et permettent à des jeunes adultes en formation et réinsertion professionnelle d'écrire sur des thèmes de leur choix. Ces jeunes sont encadrés par une formatrice de remise à niveau en français et bénéficient d'interventions régulières du CPAP.
Les
droits d'auteurs sont entièrement investis dans les démarches de prévention
et le rachat de livres pour une diffusion gratuite auprès des têtes de réseaux
associatifs (éducation populaire, social..) et des directeurs d'établissement
scolaires.
Cette diffusion nous permet de convaincre le milieu associatif, institutionnel et scolaire de diffuser des livres auprès des jeunes dans le cadre de nos interventions. Acheter ce livre c'est faire un geste solidaire et c'est participer concrètement à la prévention des jeunes et des femmes.
Les raisons de ce livre sont multiples :
- partager et permettre à d'autres de s'exprimer
- faire savoir qu'il y a toujours de l'espoir même là où on s'y attendait le moins
- informer les jeunes et moins jeunes au plus mal dans leur scolarité et/ou leur apprentissage de la vie que l'ignorance peut tuer!
- témoigner auprès des femmes victimes de violences conjugales, que oui! Elles ont le droit de dire non! Et que non, rien ne justifie de tels actes de violences!
Ce livre ne se pose pas en tant que bien de consommation mais en tant que support de prévention La prévention passe aussi par le témoignage et l’échange.
Ce type de rencontre ne doit pas se réaliser dans des conditions magistrales mais plutôt participatives pour que le dialogue et la confiance puissent s’installer entre l’intervenant et le public.
L’écriture a un pouvoir de libération et doit être accessible aux femmes et jeunes en difficultés, mettre en mot « ses maux » ou son expérience de vie est aussi un élément important dans les démarches de prévention que nous proposons.
La mise en place d’un atelier écriture nous semble être une évidence pour laisser un libre droit d’expression aux personnes renfermées sur leurs souffrances et/ou ne pouvant s’exprimer par peur du mépris de l’autre ou de son incompréhension ou par manque de confiance en soi-même.
La création de ces ateliers doit se faire avec la participation du public, lors des interventions en milieu scolaire, éducatif ou dans les CHRS, une consultation préalable est effectuée afin de repérer les besoins et les demandes.
Catherine
lehoux-fleury: lehoux-fleury@club-internet.fr
- Tél : 01 41 71 30 37 – Fax : 01 41 71 30 38
CPAP
- C/o Mamy Papy Turbo - 5, rue de la Garenne - 93200 Saint-Denis
Pour
plus d’information et pour commander l’ouvrage : http://preventiontemoignage.monsite.wanadoo.fr
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