Olivier LE DEUFF est professeur documentaliste, très au courant des opportunités offertes dans ses activités par le cyberespace. Le texte ci-dessous reprend et précise les propos qu’il a tenus lors de son intervention à la table ronde. H. Ch.

  

Pour de nouvelles méthodes de travail

  

    Il semble qu’il faille entrevoir la formation des enseignants différemment. D’emblée, nous préconisons l’utilisation du « knowledge management » afin que les techniques, stratégies et conseils de certains enseignants puissent être mis au service de tous. Nous songeons notamment aux nombreux départs en retraite. Il serait dommageable que nous perdions la trace de milliers de professeurs qui ont eux aussi rencontré des difficultés mais aussi des succès. Certaines entreprises ont déjà développé ces stratégies. L’idéal serait de développer des plates-formes où seraient regroupés des témoignages d’enseignants face à certaines difficultés et les stratégies élaborées pour y remédier. Bien sûr, il ne s’agit pas de constituer un remède miracle, mais plutôt une base de données incluant connaissances et méthodes.

  

    Il nous semble bien plus important de travailler sur ce qui constitue le métier d’enseignant plutôt que de privilégier la préparation style «bachotage» qu’entraînent les concours comme le CAPES. Les concours devraient prendre plus en compte les démarches pédagogiques et les situations d’enseignement. Il est clair que l’élève n’est pas toujours présent au centre du système lors des concours de Capes. Si l’institution souhaite que les professeurs possèdent un niveau minimum pour enseigner, il conviendrait dès lors de s’interroger sur la valeur réelle de la licence.    Cela permettrait de se consacrer d’avantage à l’apprentissage du système éducatif, aux méthodes de travail et au travail en commun entre les diverses disciplines lors du temps de formation.

  

    L’interdisciplinarité apparaît dès lors comme une des clefs du savoir et de la culture générale. Pour cela, de nouvelles méthodes de travail peuvent être envisagées. Nous songeons ici aux arbres de connaissances de Michel Authier.   

  

    Chaque élève, chaque classe même pourrait constituer ses propres arbres. Le but serait donc de créer du lien entre les connaissances et d’introduire la notion d’intelligence collective. Outre une moindre déperdition de savoirs pour les élèves, cela pourrait introduire une nouvelle forme de motivation en sortant quelque peu de la notation-sanction.

  

    Nous songeons aussi à d’autres méthodes de travail comme le « mind mapping » ou les schémas heuristiques. Basé sur une mémorisation essentiellement visuelle, le mind mapping vise à créer des liens, à clarifier une situation, à expliquer ou à résumer par des schémas. Nous sommes persuadés que l’avenir de l’éducation passe par l’arrivée de cette méthode qui est parfois surprenante. De même, les liens entre l’Ecole et l’entreprise doivent être renforcés. Les deux systèmes ne peuvent continuer à s’éviter et à se dénigrer.

    De toute façon, le syndrome de l’hypertexte se répandant, il est évident qu’il faut créer du lien pour savoir se situer et pour pouvoir progresser. Ni les enseignants, ni les élèves ne peuvent continuer à être isolé et manipulé que ce soit par la sphère médiatique et son zapping pour les uns ou par le dogme et les prérogatives personnelles pour les autres.

  

    Il est temps de travailler pour un système efficace. Et cela ne peut se faire qu’avec l’appui de tous, de nous tous.

Olivier LE DEUFF