Atelier 2

Quelles démarches ? Quels dispositifs ?

Quelles pratiques de classe,

quelles pratiques d'établissement ?

Animation : Jean FRANçOIS (CEMEA)

  L’ARGUMENT  

Nous devons faire face à un immense défi: refuser l’échec scolaire au collège !

Des structures d’accompagnement, des modes d’action sont possibles pour que chacun progresse.

Un postulat : varier les voies d’accès aux apprentissages c’est multiplier les chances de réussite de chacun.  

L’atelier sera lancé par deux témoignages concis de pratiques de terrain:

    - un Principal, sur des pratiques d’établissement

    - un professeur, sur des pratiques de classe.

Jean FRANçOIS

 

  CONTRIBUTIONS  

 

DÉMARCHES :il faut distinguer deux types de démarche :

les démarches pédagogiques et celles qui touchent aux relations et aux statuts des personnes.

     Nombre de contributions insistent sur la nécessaire construction des savoirs et l’appropriation des savoir-faire par les élèves.

L’accent est particulièrement mis sur   les méthodes de travail: 

savoir se documenter, trier et traiter l’information. Savoir organiser, présenter, à l’oral comme à l’écrit, son travail  ( Millot, George, Zakhartchouk, Brassart, Beau, George ).

    Ces méthodes visent à une réelle construction des savoirs (Malonne ,Déclic 38,Fischer)  et à  faire émerger des capacités de distanciation (CFDT, Meirieu, Béranger, Zakhartchouk, Millot, ICEM) et l’esprit critique qui réclame des possibilités d’analyse ,d’objectivation ; des « retours réflexifs » sur les tâches accomplies .

     Pour cela il est nécessaire

d’ « apprendre à résister à l’opinion, à l’empire des media, » mais aussi de « théoriser son savoir » avec le maximum de rigueur intellectuelle,de construire progressivement les identités disciplinaires ( Meirieu)

     Ouvrir le champ des apprentissages sur des savoirs nouveaux ,et développer la curiosité (Millot, West, Mairieu, Le Deuff, Zakhartchouk) sont indispensables .

 

 

 

     Des démarches pédagogiques réfléchies peuvent et doivent rendre l’adolescent acteur de son développement et de son émancipation (West) et lui permettre de se situer par rapport aux problèmes de la société, de la jeunesse, de l’avenir…( CFDT, Millot)

 

Les pratiques :

Il s’agit d’élargir le champ des pratiques pédagogiques et didactiques de diversifier les situations d’apprentissage au  maximum  (Deuff ;SGEN ),de rechercher  des activités qui fassent appel à la pluri-, inter- et trans-disciplinarité (George, Hervé, Masson, West, Ott, ICEM, Déclic38, Auduc ;Clerc, Millot, Zakhartchouk ) d’offrir des options (clubs, stages …) (Zarka, Jolivet) 

de recourir au  tâtonnement expérimental età la pédagogie de l’erreur (ICEM, Malonne, West, Déclic38 ),

de travailler sur les défis cognitifs (Millot, Déclic38 ), d’inciter à de véritables travaux de création, de production ( pas de faire-semblant) (ICEM, Foucambert, Ott )

        le travail de groupe (Hervé, Meirieu, Malonne, Millot, Zarka, George, Layre, Nicolas, Zakhartchouck, Déclic38, George, CFDT ),la pédagogie de projet doivent être présents sur au moins 30% du temps et les Itinéraires de découverte  devraient être obligatoires

 

    L’importance de la lecture sans la limiter à l’écrit, en incluant celle de l’image, occupe une bonne place. Plusieurs contributions évoquent la notion de promotion collective qui allie l’approche pluridisciplinaire, l’intelligence collective à l’œuvre, l’enrichissement et le développement individuels, soutenus par l’entr’aide et la « médiation du social » selon la formule de Robert Gloton ( Masson, Foucambert, Badiou, Millot, Béranger )

 

Une nouvelle façon d’apprendre :

Il apparaît indispensable

 - de partir des savoirs existants qui ne sont pas les mêmes pour tous et pas toujours ceux que l’on imagine (Millot, Petit )

 - d’aborder les sujets qui préoccupent les jeunes ( Quéval, Millot, CFDT),

-  de faire en sorte que l’élaboration des savoirs soit étroitement liée à leur utilisation ( Foucambert )

-  d’apprendre d’ une nouvelle façon :

en pratiquant les échanges de savoirs et la médiation pédagogique  et en favorisant les initiatives portées par les jeunes (Ott )

en  développant l’esprit coopératif, d’entr’aide et de solidarité, qui s’oppose à celui de  compétition  ( ICEM, Malonne, Hervé, George, Beau, West )

 

en  retrouvant la dimension ludique (Monjo )des apprentissages

en  permettant aux élèves de progresser dans des modes d’expression personnelle – chemin vers une meilleure confiance en soi  tels que théâtre, production de multimedia, musique etc…(Ott )

en accordant au corps un rôle important dans l’appréhension du monde et les démarches d’apprentissage. ( Massou, Jolivet )

 

RELATION pédagogique - STATUTS – RESPONSABILISATION

 L’enseignant reste une référence, voire un modèle, non parce qu’il saurait tout mais par la nature de ses rapports aux autres et au savoir,  par ses comportements. Il est aussi un «  guide » pour l’élève dans sa recherche de savoir, de compréhension du monde, d’identité.

         C’est pourquoi il est bon :

de valoriser les réussites sans pour autant abandonner les ambitions et les exigences,

d’établir des rapports gratifiants ( Jolivet, Beau, West, Meirieu )

d’instaurer le dialogue entre enseignants et élèves ( West, Déclic38)

de respecter les rythmes, l’originalité, la culture de l’enfant (ICEM)

  

Mettre l’élève au centre du système éducatif et du processus d’apprentissage. (Les 21, ICEM )  implique d’inciter les élèves au respect de leurs engagements : projet, club, entraînement…, de les responsabiliser  dans leur formation comme dans leur orientation ce qui souligne l’importance, entre autres, des bilans, de l’auto-évaluation . ICEM, les 21, SGEN CFDT, Déclic38, Zakhartchouk, West, George)   

    Les élèves appartiennent à des groupes de taille et de fonction variables.  Le groupe influence  l’évolution de chacun parce que les groupes sont un lieu de construction d’une culture démocratique, d’émergence de l’intelligence collective,

de co-formation par les découvertes, l’approfondissement, la rencontre de la complexité ,

de soutien par l’entr’aide, l’échange et la mise en commun des savoirs, savoir-faire et des démarches

et de la «  co-évaluation »

(ces considérations apparaissent dans la majorité des contributions)

                                                                       

 Le métier d’enseignant :

 Les tâches d’éducation et d’instruction telles qu’elles sont décrites dans les contributions exigent, certes ,de revoir les missions de

 

 

 l’école mais aussi de redéfinir le métier d’enseignant. (OZP, Dubet, SGEN CFDT, Monjo, les 21 )

 

 La perspective de « l’Ecole Fondamentale » oblige à réexaminer la constitution du corps professoral :

- constitution d’un corps unique avec, pour la formation, un tronc commun et une spécialisation basée sur deux critères : le public et les disciplines (Petit )

- la notion de champ disciplinaire entraîne celle de bi ou de polyvalence des enseignants

     En vue d’une harmonisation de l’action éducative pour toute la scolarité obligatoire, la circulation des enseignants entre l’élémentaire et l’école moyenne (collège) est fortement souhaitée.

( Jolivet, Meirieu, George, Hervé, Auduc, Clerc, Petit )

 

 la formation

La « visée éducative prime sur la transmission des savoirs ». (Fisher) Ce qui implique  la professionnalisation de la formation ( Meirieu ) avec comme conséquence :

     - une formation à la gestion des groupes, à la relation constructive avec les pairs, à la médiation, à la communication non violente, qui permettent la prise en compte de la dimension psycho-affective. (Layre, West, CFDT, Hervé )

   - le développement d’une aptitude à aider les élèves à affronter la complexité et à les accompagner dans la construction de leurs savoirs ( Bourgain, Mattéi/Durafour

    - la capacité à reconnaître et à valoriser le potentiel de chacun (Favey, West )

   - une réflexion sur les modalités de la Vie scolaire ( George )

 

La formation continue, qui devrait être obligatoire pour tous,

est un aspect de la «  formation/éducation tout au long de la vie » ,et doit offrir un large éventail de possibilités :

- développer d’autres compétences, s’enrichir, pour dépasser la seule formation professionnelle.

-  Acquérir des techniques spécifiques telles que le jeu de rôle, la médiation, la résolution non violente des conflits…( Quéval)

-   Se familiariser avec l’univers et l’enseignement professionnel (George )

Il est aussi proposé que la formation continue se fasse en alternance afin que le point de départ soit le vécu avec les élèves et non les savoirs. Autrement dit, il s’agit d’amener à la théorisation des pratiques. (Cormier )

Une Brigade Académique de Formation, uniquement chargée de continuer les activités de projet, pourrait assurer les remplacements.( Zarka )

           L’équipe est un lieu de co-formation parce qu’elle est attelée à une tâche commune. Son fonctionnement favorise l’analyse et l’évaluation des pratiques, la construction de savoirs pédagogiques et l’élaboration de critères d’évaluation du projet comme de l’évolution des élèves.

( Petit, Auduc, Béranger, CFDT, ICEM, Clerc, Foucambert, Jolivet, Bourgain, Cormier, Nicolas, Malonne, Masson, Dubet, Millot, Hervé )

        Les associations culturelles, sportives etc…, les mouvements pédagogiques et d’éducation populaire ont acquis une expérience multiple et riche. Elles et ils peuvent contribuer à la formation des enseignants, à la découverte d’autres démarches et ouvrir des voies fécondes. Il apparaît nécessaire qu’ils soient sollicités par les structures institutionnelles de formation.

( Ainés Ruraux, Minot, SGEN CFDT, Quéval, Le Boulch ) )

       Les collèges innovants n’ont pas vocation à devenir des modèles mais leurs projets éducatifs s’appuient sur des savoirs, des expériences et des hypothèses. A ce titre, ils méritent d’être évalués dans un esprit scientifique de recherche et de recherche-action.

Ils sont des lieux de fonctionnement en vraie grandeur, donc des lieux d’observation, de recherche, de confrontation, d’analyse et de théorisation. ( Favey, Malonne, Béranger, Jolivet )

 

         Le travail en équipe devrait être obligatoire et inclus dans le temps de service (qui mériterait d’être réexaminé ).  (Clerc, Nicolas, Cormier )

     La stabilité de l’équipe est un gage de continuité et d’harmonisation. Il faudrait donc recourir à des systèmes de nomination basés sur la cooptation ou les nominations à titre provisoire (ATP) qui renforcent  l’engagement. ( Le Deuff, Ott )

Une autre proposition serait de donner le pouvoir au chef d’établissement de recruter ses collaborateurs en fonction du projet. (Jolivet )

        La prise en compte du CV des enseignants, le recrutement sur des postes à profil comme le volontariat pour des postes à « risque » sont autant de moyens de favoriser la stabilité de l’équipe. (Le Deuff, Jolivet, Cormier )

     L’équipe est autonome. Elle élabore son projet éducatif, le réalise et l’évalue. Elle rend compte de son activité. C’est une responsabilité collective mais aussi celle de chacun de ses membres. (Nicolas, Malonne, Dubet, Hervé, ICEM )

       L’équipe se concerte pour organiser la vie et le fonctionnement de l’établissement, pour préparer et organiser le travail des élèves. Elle garantie la vie citoyenne et met en œuvre des modalités de régulation et de gestion des conflits. (Petit, Auduc, Béranger, CFDT, Foucambert, Malonne, West, Bourgain)     

   L’équipe d’établissement fait partie intégrante de l’équipe élargie qui associe au projet éducatif et à sa mise en œuvre les divers partenaires que sont les parents, les associations et les autres professionnels (travailleurs sociaux, éducateurs, animateurs etc…).

( SGEN CFDT, West, Favey, Malonne, Bourgain, les 21, Masson, Auduc, Zarka, Jolivet, Ainés Ruraux )

         Le projet éducatif peut faire l’objet d’une évaluation extérieure. Est suggéré la constitution d’une instance collégiale d’inspection formée d’inspecteurs, d’enseignants, d’usagers et d’experts extérieurs à  l’institution. (Zarka). 

   

  COMPTE-RENDU de l’ ATELIER 2  

 §    Inscrire une population scolaire hétérogène dans les apprentissages et dans la réussite individuelle exige que dans le cadre d’une très grande souplesse,   l’établissement mette en place des dispositifs qui permettent à chaque élève d’y trouver sa place.

§    Cependant ,ces dispositifs ne doivent pas mener à un enfermement précoce dans une filière

§    Il est préférable que les réponses soient élaborées à partir de l’analyse de la situation faite par l’équipe et qu’elles ne soient pas déterminées  a priori ou « d’en-haut » Ainsi, il est indispensable de mettre en place des moments où les élèves qui en ont besoin sont réunis  pour consolider des apprentissages fondamentaux. Des exemples sont donnés pour la lecture et les mathématiques 

§              Ils répondent à quelques principes :

ü                   Les solutions adoptées visent à la réintégration progressive de l’enfant dans le système avec lequel il garde des liens

ü                   Elles supposent un contrat clair et explicite avec l’élève d’une part, la famille d’autre part

ü                   Il s’agit de processus de substitution et non d’accumulation : travailler dans ces cas différemment et non par des « heures supplémentaires »

ü                   Cela suppose que les adultes qui mènent ces actions acceptent de « ré-inventer » des démarches et modes opératoires adaptées au cas par cas … d’où la nécessité d’une formation initiale et continue des enseignants qui intègre les recherches et pratiques innovantes.

 Jean FRANçOIS