Propositions et réflexions a,b,c d’Olivier Masson
Je trouve la proposition de Laurent très
constructive, mais je profite de ce mail pour pointer des choses qui ne sont
pas pointées par ailleurs (cf compte-rendus de Raymond et Bruno que je remercie
au passage).
1.
La pertinence du
"collectif" ou le changement de paradigme sera entendu par
suffisamment de gens si nous ne l'habillons pas de références à mon avis datées
ou surtout confuses : valeurs bourgeoises ou offensive néolibérale par exemple.
Le "collectif" a du sens, si cela rejoint des observations réelles.
La socialisation aujourd'hui est initiée par l'école, et ce quels que soient
les milieux sociaux. La famille devient un refuge face aux agressions du monde
extérieur et les adultes refusent ou ne peuvent socialiser dans le quotidien.
Cf Aussi bien les observations du groupe Gaspar à Lille ou celle de Jean-Marie
Petitclerc, éducateur à Argenteuil. Tout cela, des parents, des enseignants
peuvent tout à fait l'admettre. Commençons donc par des observations partagées.
La promotion collective paraîtra alors comme une alternative tout-à-fait
crédible et les expériences construites (de Laurent ou d'autres) seront alors
bien utiles.
2. Il faudrait préciser davantage cette "idéologie dominante". Si
l'on se réfère par exemple à des travaux sociologiques, les acteurs mobilisent
des représentations variées sur ou à l'école. Les profs eux-mêmes ne sont pas
d'accord sur les finalités de l'école (cf travaux de Derouet l'école dans
plusieurs mondes). Mais si on les fait travailler sur des objets communs, voire
analyser les pratiques institutionnelles, le collectif produit un peu de sens
qui ne se réfère pas à "l'idéologie dominante" que chacun d'ailleurs
définit dans son coin. Je le vis, je le vois aussi dans mon lycée technologique,
y compris avec des parents. Si l'idéologie dominante se réfère à un grand plan
d'ensemble, on est pas loin de la thèse du complot et de toutes les rumeurs
possibles. C'est historiquement utile pour faire la révolution, mais je ne vois
pas aujourd'hui où sont les troupes prêtes à se mobiliser pour réellement
partager le pouvoir.
3. Je suis tout-à-fait d'accord avec Laurent. Le problème est qu'on ne sait
pas quels seront les débats d'actualité à venir. L'expérience récente du grand
raout médiatique sur le voile et le bilan des mesures prises me laisse un peu
sceptique. Y aura-t-il même une grande loi d'orientation au printemps prochain?
Au fait sur quoi : l'école? L'éducation?
Amicalement,
Olivier Masson